Dans l’univers impitoyable du dating moderne, certains influenceurs se posent en guides de l’amour, distillant conseils et stratégies pour séduire les hommes. Mais derrière l’apparente quête du bonheur romantique, ces « dating coachs » suscitent une vague de controverses. Parmi eux, des figures comme Shera Seven et Liz the Wizard, dont les conseils sexistes et provocateurs alimentent les débats sur l’influence des réseaux sociaux dans la construction des normes sociales et amoureuses. Mais sont-ils réellement des sources de sagesse ou des instigateurs de stéréotypes dangereux ?
Les « dating coachs » : des experts autoproclamés ou des dangers pour l’égalité ?
Avec l’explosion des plateformes comme TikTok et YouTube, les conseils amoureux se sont multipliés et se sont orientés vers des approches de plus en plus polarisantes. Parmi les figures les plus médiatisées, SheraSeven et Liz the Wizard se distinguent par leur contenu virulent et parfois provocateur. Ces « dating coachs » partagent des stratégies sur la manière de séduire un homme, souvent à travers des filtres très sexistes, véhiculant des idées sur l’hypergamie et l’importance de sortir avec des hommes plus âgés ou financièrement plus puissants.

Shera Seven, qui sévit principalement sur TikTok, et Liz the Wizard, qui cumule des abonnés sur YouTube, incarnent deux types d’approches du dating qui prônent une vision utilitaire et inégalitaire des relations amoureuses. Selon ces coachs, les femmes devraient rechercher des hommes ayant un statut social plus élevé, et même, dans certains cas, plus âgés, pour assurer leur confort matériel et leur ascension sociale. Cette idée, en partie fondée sur le principe de l’hypergamie (le fait de chercher à « épouser plus haut » socialement), alimente des théories réductrices et simplistes sur les dynamiques amoureuses.
Mais que recouvre cette hypergamie ? Selon Shera Seven, il s’agit avant tout de maximiser ses chances en suivant des « règles de séduction » claires : attirer des hommes plus âgés et financièrement établis. De son côté, Liz the Wizard va encore plus loin en conseillant aux femmes de se concentrer sur l’accumulation de biens matériels et d’éviter de se laisser submerger par des émotions qui nuiraient à leur quête de stabilité.
Une vision rétrograde et dangereuse

Si ces conseils trouvent un écho chez certains jeunes abonnés en quête de réponses à leurs dilemmes amoureux, la critique est vive chez d’autres. De nombreux journalistes et chercheurs soulignent le côté réducteur et problématique de ces conseils. Dans un article de Libération, l’écrivaine et sociologue Clara Jean-Baptiste dénonce la « romance utilitaire » promue par des influenceurs comme Shera Seven et Liz the Wizard. Selon elle, ces conseils tendent à objectiver les femmes, en les réduisant à des opportunistes cherchant à grimper l’échelle sociale par leur relation avec des hommes.
De plus, ces théories sont souvent qualifiées de sexistes, car elles reposent sur l’idée que les femmes doivent avant tout chercher à « se vendre » sur le marché du mariage, en fonction des critères financiers ou sociaux des hommes. Cette dynamique est même comparée à une forme moderne de « transaction sentimentale », où l’amour véritable est remplacé par une sorte de commerce affectif et économique comme l’explique Christelle Verfaillie, sexologue à Lille. “Ces conseils sont dangereux, ils donnent une vision erronée de l’amour, une vision assez matérialiste et très éloignée de la réalité. “Ces “coachs” poussent les femmes à avoir des attentes amoureuses irréalistes, qu’elles n’atteindront pour la plupart jamais.”
L’impact des réseaux sociaux : quand les conseils deviennent un business
Il est impossible de parler de Shera Seven ou Liz the Wizard sans évoquer le modèle économique derrière ces influenceurs. TikTok et YouTube offrent à ces coachs une plateforme mondiale où leurs vidéos atteignent des millions de vues, souvent accompagnées de conseils payants via des consultations privées ou des formations. Ces coachs savent que le « buzz » autour de sujets controversés attire les vues et, par conséquent, l’argent. La viralité de leurs vidéos, souvent provocatrices et polémiques, génère une notoriété rapide, ce qui leur permet de s’imposer comme des figures incontournables dans le paysage des conseils amoureux en ligne.
Le problème, ici, est que ce modèle économique repose en grande partie sur la polarisation et l’exploitation des stéréotypes. Pour maintenir l’attention de leurs audiences, ces coachs doivent constamment produire du contenu à la fois choquant et « désirable” pour leurs abonnés. Cela les amène à entretenir une vision de plus en plus extrême des relations amoureuses, où la conquête amoureuse est vue comme une sorte de jeu de pouvoir, renforçant ainsi des rôles traditionnels de genre qui ne favorisent ni l’égalité, ni la réciprocité dans les relations